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L’implication des pères et leur accompagnement en Protection Maternelle et Infantile

· 34 minutes de lecture
Adeline Poirette
Psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité

Résumé

Après quelques mots sur l’évolution de la place du père actuelle et une présentation de l’institution de Protection Maternelle et Infantile nous exposerons les résultats de notre étude concernant la place du père dans ce service suivi d’un parallèle avec la littérature existante.

Introduction

La Place du père

Notre travail n'ignore pas l'existence des couples lesbiens ou gays, qui redéfinissent la notion de père et dont l'étude serait assurément une richesse. A ce stade, nous nous sommes limités aux couples présentant les deux genres.

Les rôles parentaux ont évolué en lien avec des changements sociétaux et économiques comme par exemple l’émancipation des femmes et l’extension de leur investissement professionnels ou encore l’augmentation des divorces et séparations. La nouvelle fluidité des rôles parentaux respectifs est une réalité et pourrait être un enrichissement pour la famille et l’enfant. (Goldebeter-Merinfeld, 2015)

Dans les faits l’égalité entre le père et la mère n’est pas optimale, même les pères très investis émotionnellement continuent d’être moins engagés dans les tâches parentales quotidiennes. (De Neuter, 2015 ; Scacchitti et al, 2023)

On note également une évolution positive de leur investissement précoce auprès de l’enfant notamment dès les différentes étapes de la grossesse (échographies, cours de préparation à la naissance) ainsi que lors de l’accouchement (Audier et al. 2010, Quelvennec et al. 2003 ; Boiteau, Junier et Devouche, 2020 ; Goldebeter-Merinfeld, 2015 ; capgras-baron, 2017) L’allongement du congé paternel permet également une meilleure prise de considération de la place du père et lui permet d’être davantage présent.

Les hommes seraient tout de même en peine dans la recherche de leur propre place au sein des services de maternité et de l’accompagnement associé. (Audier et al. 2010, Quelvennec et al. 2003) La période périnatale donne assurément une place première à la mère de manière légitime mais mettant le père au second plan ce qui pourrait venir perturber son entrée dans la paternité. (Audier et al. 2010)

Concernant l’enfant plus grand, il en est de même par exemple dans les crèches où le père serait davantage présent en l’absence, défaillance de la mère ou conflit avec cette dernière. (Avignon, 2010)

Les pratiques en travail social pourraient perpétuer une représentation de la femme comme responsable des soins de l’enfant. Ce n’est que récemment que les pères semblent prendre une place plus importante. (Davies et al, 2009) Malgré des avancées dans leur reconnaissance sociale et une valorisation de la paternité les pères sont encore trop souvent oubliés dans les institutions. (Lacharité et al, 2015)

A noter que symboliquement l’appellation de certaines structures sont féminines comme « centre maternelle », « unité mère-bébé », « maternité », ou encore « protection maternelle infantile » ce qui n’aide pas dans l’inclusion des pères.

Plusieurs points mis en évidence par Sénécal et al. (2013) et Fracolo et al (2017) nous amènent à penser l’intérêt d’accompagner davantage les pères précocement et de les inclure dans les services de petite enfance :

  • L’importance de leur investissement dès la grossesse et dès les premiers mois de vie pour le développement de l’enfant.
  • Les hommes peuvent tout comme les femmes être sujet à des remaniements psychiques induisant potentiellement certaines difficultés psychiques pouvant être mis au travail lors de cette période cruciale.
  • Ils peuvent être en difficultés pour de trouver des modèles sur lesquels s’appuyer afin d’élaborer leur propre paternité.
  • Impliquer les pères pourrait réduire le mother blaming (la culpabilisation ou auto culpabilisation des mères).
  • Leur présence auprès de l’enfant est un apport pour le coparentage mais aussi pour la mère.

La Protection Maternelle Infantile

La Protection Maternelle et Infantile est une institution nationale instaurée par l'ordonnance du 2 novembre 1945 à la sortie de la seconde guerre mondiale dans un contexte particulier avec un essor démographique important dans des conditions sanitaires encore précaires. L'objectif est alors de lutter contre la mortalité infantile. (Cadart, 2007 ; Colombo, 2013 ; Giry, 2014 ; Saîas et al, 2018 ; Gautier-Coiffard et al, 2017 Suesser, 2016)

Il constitue en France l’unique service de prévention précoce gratuit et ouvert à toutes les familles et leurs enfants de 0 à 6 ans sans critère socio-économique pouvant être accompagnés par une équipe pluridisciplinaire (médecins, infirmiers, éducateurs de jeunes enfants, psychologues, sages-femmes). (Bodard, 2019 ; Gautier-Coiffard et al, 2017 ; Déroff et al, 2017 ; Djaoui et al, 2018)

C’est un service départemental placé sous l’autorité du président du Conseil Départemental. Le site de la DREES ( direction de la recherche, des études, des évaluations et des statistiques, relevant de l’administration centrale des ministères sociaux) le définit comme en charge d’assurer la protection sanitaire de la mère et de l’enfant. Secondairement, le texte détaille cette définition en y ajoutant l’accompagnement des parents.

Plusieurs auteurs décrivent cette institution de la même manière en y mettant au second plan ou en y omettant l’accompagnement parental. (Saias et al, 2018 ; Galley-Raulin et Schauder, 2007 ; Bellas Cabane, 2008 ; Colombo, 2013 ; Dutton, 2024)

Méthodologie

Objectifs

Faute d’avoir trouvé des évocations de la place du père, de son rôle ou de son accompagnement dans la littérature existante relative aux missions de la P.M.I., nous avons cherché ce qu’il en est sur le terrain. Y a-t-il eu une évolution ? Les pères sont-ils assez présents ? Quels obstacles rencontrent les professionnels et à quelles stratégies ont-ils pensé pour inclure davantage les pères de manière précoce dans cette institution ? Qu'ont-ils déjà mis en place qui fonctionne déjà ? Pour répondre à ces questions nous avons recueilli le témoignage de la pratique de 48 professionnels. L'objectif sera d'y apporter une compréhension grâce à la littérature existante.

Population

48 professionnels travaillant dans un service de Protection Maternelle et Infantile en France ont été questionnés sur leurs pratiques et leur regard concernant notre sujet. Plus précisément, nous avons recueilli le regard de 25 puéricultrices, 12 psychologues, 2 médecins, 7 sages-femmes, un chef de service et un infirmier.

Recueil et analyse des données

Un questionnaire en ligne créé sur Google Forms a été diffusé aux professionnels de P.M.I par mail ainsi que via LinkedIn afin d’avoir davantage de visibilité. Les participants ont répondu sur la période du 27 février 2025 au 7 mai 2025. Le titre est « la place du père en P.M.I : freins et perspectives ».

Celui-ci comprenant des questions ouvertes sur les missions générales de la P.M.I, les pratiques actuelles auprès des pères, les freins inhérents et des pistes d’actions pouvant être proposées afin d’améliorer la prise en charge. Nous avons fait le choix de questions ouvertes afin de laisser la liberté aux participants d’écrire toutes les idées que ce thème leur évoque ainsi que pour éviter les biais de confirmation.

Une note d’information associée à une brève explication du thème abordée, précisait aux participants que les données recueillies ne seraient utilisées que dans le cadre de cette recherche et que le traitement des réponses serait anonyme. L’analyse des réponses au questionnaire a été effectuée par une étude qualitative. Certains chiffres significatifs sont cités afin d’étayer les propos recueillis.

Résultats

Nous proposons de présenter ces données qui reposent uniquement sur les témoignages de pratiques des professionnels exerçant en P.M.I. ainsi que de leur vision de la situation.

Les missions de la P.M.I perçues par les professionnels

Le service de protection maternelle infantile est décrit de manière générale par les professionnels y travaillant comme offrant un appui autour de la prévention et de la protection de l’enfant de 0 à 6 ans et de sa famille. Ce lieu public et gratuit propose un soutien, un dépistage précoce ainsi qu’un accompagnement dans le champ de la santé somatique et psychologique aussi bien pour les futurs parents, parents que pour les enfants. En effet, les termes de «prévention » d’« accompagnement » et de « protection » sont significativement mis en évidence.

Les missions se différencient en fonction du métier de chacun ainsi que selon les services mais sont toujours en lien avec la parentalité et la petite enfance. Les moyens mis en œuvre sont les suivants : les visites à domiciles, les ateliers collectifs, les consultations infantiles, les consultations pré et postnatales, suivi médical préventif, des accompagnements psychologiques ou encore des bilans de santé en école maternelle à l’âge des quatre ans de l’enfant.

A cela s’ajoute des missions complémentaires comme dans l’accompagnement des assistantes maternelles, l’agrément des assistants familiaux ou encore des missions de protection de l’enfance comme l’évaluation des informations préoccupantes.

Le discours des professionnels qui décrivent leurs missions peut inclure la figure paternelle : « lien parents/enfant », « accompagnement d’enfant moins de 6 ans et de leur famille », « futurs parents et parents », « prévention relation parents/enfants », « auprès des familles », « interactions parents/enfants » ou l’exclure : « prévention santé des futures mères et de l’enfant », « prévention santé de la mère et du bébé », « santé de la femme », « lien mère-enfant ». Il n’est pas évoqué d’accompagnements spécifiques qui seraient proposés uniquement aux pères.

Les constats actuels

Il est tout d’abord mis en évidence dans le discours des professionnels une évolution de la place et de l’image du père dans la société : « meilleure considération du rôle du père », « prennent d’avantage leur place », « évolution au profit de la coparentalité », « plus présents qu’il y a 10 ans », « de plus en plus égalitaire avec les mères » ou, encore, est évoqué un « modèle moins patriarcal ». Ces propos sont modérés par le fait que leur place ne serait pas si évidente et qu'elle ne serait pas encore autant reconnue dans la société que celles des mères.

Une partie des professionnels mentionnent que les pères seraient davantage investis de manière générale dans leur paternité, auprès de leurs enfants et de la mère, dans le quotidien mais également dans une fonction de maternage. L’allongement du congé paternité et parental pourrait participer à cette évolution.

Certains nuancent ces éléments en évoquant une différence d’investissement du père qui dépendrait de plusieurs facteurs culturels, sociaux, conjugaux, psychiques, générationnels, trans-générationnels ainsi qu’en fonction de sa propre éducation et de la place qu’on lui laisse. Ils ont pu observer dans leur pratique divers profils de pères : investis, hésitants, en retrait, investis dans certains domaines ou encore présents physiquement mais pas psychologiquement.

Concernant leur place au sein des services de P.M.I sur les 48 professionnels répondants 34 pensent que la présence des pères est insuffisante, 7 que leur présence est satisfaisante et 4 ne se prononcent pas.

Le père serait davantage présent en visites à domicile ou auprès de l’enfant dans les premiers mois de vie de son enfant pour un tiers des professionnels et ceci en lien avec la reprise de son travail.

Selon certains professionnels du panel, dans les situations où les pères viennent au sein des services c’est essentiellement pour des inquiétudes concernant leurs enfants mais rarement pour eux même.

Des professionnels interrogés évoquent leurs interventions auprès des hommes particulièrement en l’absence ou l’incapacité partielle des femmes. Par exemple, ils mentionnent les situations de dépression post-partum, d’un handicap physique ou intellectuel de la mère, la garde exclusive ou encore lors du décès de la figure maternelle.

Dans les propos des intervenants ont retrouve des formes différentes d’engagement de la part du père dans les divers interventions proposées avec ceux qui évoquent une évolution dans leur présence : « présent davantage présent en visite à domicile (VAD) », « pères qui posent des jours de congés pour assister aux rencontres », « le plus souvent présent en VAD »,« les deux parents présents en consultations », « pères présents de plus en plus aux consultations infantiles », « de plus en plus présents pour accompagner l’enfant aux rendez-vous (bilan de santé en école maternelle) », « davantage présent aux consultations psycho », « accompagne la mère mais peut venir seul pour l’enfant », « présent seul en entretien possible dans un cadre individuel », « ils répondent présents quand on les invite », « s’ils sont présents et qu’on leur donne la parole ils sont contents de parler d’eux en tant que père », « participent de plus en plus aux ateliers », « les pères sont à l’écoute des conseils », « consultation allaitement présent en couple souvent », « pères présents en pré et postnatal ».

Certains propos marquent à contrario leur absence ou leur manque d’implication : « rarement présent en consultations infantiles car reprise du travail », « si présent ne se sentent pas concernés », « ne rentrent pas dans le bureau », « la mère vient seule au rendez-vous », « le père reste encore en retrait chez le tout petit », « pas de père seul qui sollicite », « très peu présents en consultations PMI », « absence en VAD », « pas souvent présent en VAD », « pères absents en PMI, mères présents » « peu de pères présents lors des actions collectives », « rarement présent », « très peu accompagnent l’enfant en consultation ou atelier », « présent mais subissent le rendez-vous », « si présent parasité par le travail », « participent peu à l'échange ».

Puis on retrouve un discours nuancé : « parfois », « si présence aux entretiens participent peu à l'échange », « soit le père vient avec la mère mais rarement seul », « les pères sont soit présents à tous les rendez-vous soit absents à tous », « variable, il y a des pères très investis, présents physiquement mais pas psychiquement et des pères qui vont dans une autre pièce », « présence du père mais par intérêt », « parfois présent », « moitié pères présents », « certains pères présents en pré et postnatal », « pères conviés mais pas forcément présent », « les accompagnements au long cours sont à la marge ».

Leur discours montre un réel souhait d’inclure d’avantage les pères ainsi que de penser leur accompagnement différemment afin qu’ils aient envie de s’investir.

Pour une majorité des professionnels les deux parents sont invités aux rendez-vous mais une partie évoque que cela ne se fait pas systématiquement. Une minorité mentionne que les échanges se font généralement avec la mère.

Les ressentis des pères

Les professionnels du panel relatent le ressenti des pères selon leurs expériences avec des craintes dans la prise en charge d’un tout petit, des frustrations avec le sentiment de mise à l’écart, des questionnements, des angoisses concernant leur place de père en résonance avec leur histoire personnelle, des déceptions de ne pouvoir être assez présent ou encore un sentiment de non légitimité. Selon certaines personnes interrogées, les pères seraient en difficultés pour verbaliser leurs difficultés paternelles (leur devenir père, leur place).

Ce qui existe

Les professionnels mettent en évidence l’existence de groupes de parole pour les pères parfois animés par un homme ou encore en soirée. Certains parlent d’un flyer sur la place du père ou encore d’une semaine sur la paternité organisée dans leur service. Des actions collectives sont également proposées aux parents de manière générale sur divers thèmes comme l’alimentation, la santé, l’éveil psychomoteur, les massages bébé, le portage, cuisine pour bébé, l’allaitement, lecture, les jeux, ou encore des cafés de parents.

Les freins sociétaux

Deux freins sont mis en évidence notamment la culture et les représentations selon les modèles familiaux et les mentalités de chacun par une petite moitié des professionnels. Les pères seraient plus présents dans les milieux favorisés.

Les freins contextuels

Les pères seraient moins présents dans les situations familiales complexes (mères isolées, séparation du couple au cours de la grossesse, familles monoparentales, la jeunesse du couple).

Selon les territoires, les pères seraient moins mobilisables dans les secteurs ruraux car éloignés des services de P.M.I. et peuvent s’y rendre moins facilement après le travail.

Quelques personnes évoquent un moindre investissement selon le milieu social et le seuil de pauvreté.

Les freins institutionnels

Des professionnels évoquent une institution encore trop « féminine » et l’appellation de ce service « protection maternelle infantile » non inclusive du père.

Ils parlent également des horaires des services de P.M.I qui ne permettent pas aux parents qui travaillent d’être disponible aux heures d’ouvertures (8h30-17h30).

Ils mentionnent le manque de connaissance de la population concernant les missions de cette institution, une image qui ne donne pas envie (crainte du placement, protection de l’enfance, pour les milieux défavorisés) et le manque de moyens.

Du côté des mères

L'expérience des professionnels de la P.M.I mettent surtout en évidence deux gênes à la présence des pères dans leur service en lien avec des freins du côté de la mère. Il y aurait notamment des craintes autour d'un contexte de violence intrafamiliale/conjugale où la P.M.I pourrait être l’espace de la mère pour se confier. Les situations dépendraient beaucoup de la solidité du couple conjugal et parental.

On retrouve également des notions relatives à la perte : autour du contrôle et de leur place auprès de l’enfant. Certains évoquent les situations de dyade mère/enfant fusionnelles avec difficultés de séparation où la mère serait en peine pour laisser une place au père.

Les professionnels imaginent des difficultés chez les mères autour d’une exclusion du père. Certaines pourraient ne pas donner accès et ne pas laisser de place. Lors des séparations parentales cela renforce d’autant plus les difficultés d’accès au père.

Une minorité évoquent qu’il n’y aurait pas de freins chez la mère et qu’au contraire elle pourrait être rassurée et en demande d’être soutenue par la présence du père de leur enfant.

Du coté des pères

Selon notre panel, la cause la plus forte de l’absence des pères dans les services de P.M.I seraient leur travail puisque une grosse moitié des professionnels l’ont mis en évidence, faisant parfois le lien avec un congé paternité trop court.

Il est également évoqué des notions autour de la place des pères. Il pourrait y avoir chez eux un sentiment de non légitimité ou de non performance. Au même titre on y retrouve l’impression d’être moins ou pas concernés pour un tiers des répondants.

S’ajoutent divers facteurs de difficultés comme la barrière de la langue, une fragilité de sa propre image de père, l’image de la P.M.I comme état un monde féminin, une peine à demander de l’aide ou même un sentiment de malaise.

Du coté des professionnels

Les professionnels suggèrent divers freins à leur propre implication des pères dans leur service (ou de celle du personnel de PMI en général) notamment des craintes dans les situations de violences conjugales et intrafamiliales.

Certains évoquent également des habitudes, un malaise en la présence des pères, des difficultés à percevoir une souffrance paternelle, un manque de temps et d’énergie de leur part.

Il pourrait parfois exister une mise à distance (ou un non investissement) des pères par les professionnels : « ne prennent contacts qu’avec les mères », « s’adresser plus aux mères », « on invite plus facilement les mères », « se centrent sur les mères », « on les oublie », « on ne les investit pas », « pas inclusif des pères », « le curseur est placé sur la mère et l’enfant ».

Ils mettent en évidence qu’il y aurait moins de freins qu’auparavant. Aussi, il est important de souligner qu’une bonne partie des répondants expriment le souhait de travailler davantage avec la présence des pères dans leur service.

Perspectives

Une proposition est mise en évidence dans les réponses apportées par les professionnels. C’est la mise en place de groupes de paroles, de rencontre entres pairs avec l’ajout de l’animation par une figure masculine qui serait facilitateur à la venue des hommes ou encore la co-animation par un père.

Pour certains des activités autour du sport et de la motricité pourraient également être proposées dans les services de Protection Maternelle et Infantile étant plus attractifs pour les hommes ainsi que des ateliers en prénatal.

On y retrouve le besoin de modifications de vocabulaire en parlant de parentalité, la création d’outils spécifiques à l’accompagnement du père mais également permettant de les contacter au même titre que les mères.

Il est mis également en avant l’accent sur la parentalité au-delà de la place de la mère ou du père (entretiens de couple, dynamique d’égalité hommes-femmes, ateliers parentalité).

Plusieurs pistes rejoignent un soutien paternel en valorisant leurs compétences et leur rôle dans l’accompagnement de l’enfant, par des encouragements, une écoute de leur vécu et de leurs émotions ainsi que par le renforcement de leur estime personnelle.

Au niveau sociétal des professionnels proposent l’allongement du congé paternité ou la possibilité d’un temps libéré par entreprise qui serait dédié au rendez-vous pour leur enfant.

Des modifications pourraient également être envisagées dans l’institution même avec la possibilité d’aménager les horaires en fonction des besoins et des demandes de la famille (aménager les créneaux de visites à domicile par exemple).

Discussion

L’objectif de cette partie est de confronter les réponses des professionnels de l’institution P.M.I avec la littérature existante en y ajoutant des éléments théoriques pertinents à la compréhension de notre sujet.

Les constats évoqués par une majorité des professionnels de la P.M.I rejoignent la littérature notamment sur l’investissement des pères dans les institutions, auprès de la mère et de l’enfant mais qui serait encore fortement à la marge.

L’étude canadienne réalisée par Gaudet et Devault (2001) se basant sur le discours d’intervenants sociaux met en évidence le peu d’accompagnement réalisé auprès des pères. Lorsque ces derniers sont présents c’est surtout dans une situation de contrainte judiciaire.

Notre recherche qui se trouve dans un cadre de prévention met en évidence à plusieurs reprises la présence paternelle dans les services de PMI lors de l’absence ou de l’indisponibilité maternelle. La demande existerait dans des situations imposées par le contexte mais pas uniquement puisque certains pères peuvent être à l’origine de la prise en charge de leur enfant ou d’un accompagnement dans leur parentalité. Ils peuvent également participer lorsque l’on va à leur rencontre (en visite à domicile par exemple) ou lorsqu’ils ne sont pas parasités par le travail.

Dulac (1998) évoque la réticence de certains hommes à demander de l’aide et à afficher leur vulnérabilité. Même s’il leur est souvent difficile de demander du soutien des professionnels ils apprécient le fait d’être intégrés dans les soins et le développement de l’enfant. (Montigny et al, 2017)

Plusieurs professionnels de PMI évoquent le manque d'intérêt des pères à l'égard des soins de l'enfant. Certains pensent que ce sont pour la plupart les pères qui ne prennent pas leur place. La place des mentalités reste une question centrale de nos jours. Hiridjee (2024) nous rappelle dans son livre l'importance de soutenir un modèle parental égalitaire chez les petits garçons afin de poursuivre l’évolution des générations suivantes.

Cependant, plusieurs professionnels évoquent l’importance de créer des ressources répondant mieux aux besoins des pères, si on aspire à ce que ces derniers s’y impliquent. Ce qui rejoint les observations de Godet et Devault (2001).

Plusieurs facteurs intrinsèques à la famille sont présents dans le discours des professionnels comme les mentalités et le niveau socio-économique des pères. L’article de Devault et ses collègues (2005) va en ce sens expliquant que la pauvreté économique serait un facteur de risque dans la pratique de la fonction paternelle rendant l’homme plus fragile. Il augmenterait le niveau de détresse psychologique, diminuerait chez eux la valorisation de leur rôle et augmenterait également la propension à percevoir négativement leurs enfants.

Scacchitti et ses collaborateurs (2023) ont décrit dans une enquête en Belgique Francophone quatre types d’engagement paternel selon leurs propres représentations et leurs attentes dans la relation aux professionnels (deux seront cités ici). Le père « égalitaire » par exemple revendique une place équivalente à la mère dans le couple parental, il se sent compétent et adopte un comportement actif auprès de l’intervenant. Alors que le père « incertain » est à la recherche de sa place en tant que père. Il aura besoin d’être guidé, soutenu et rassuré mais il ne prendra pas l’initiative par crainte d’être jugé. Il y aurait donc un lien entre l’engagement du parent auprès de son enfant et son implication auprès des professionnels.

Pour une bonne partie des professionnels les freins seraient pour les mères essentiellement associés à leur situation conjugale ou liés à des craintes de leur part autour de la perte de contrôle ou concernant leur place auprès de l'enfant. Ces craintes pourraient correspondre à la notion de gatekeeping, défini comme la manière dont la mère régule l'investissement ou l'accès du père auprès de l'enfant (Allen et Hauwkins, 1999). Le gatekeeping peut être positif ou négatif selon l'accès que la mère laisse au père. (Boiteau, Junier et Devouche, 2020).

Ce processus nous évoque également les injonctions qui pèsent encore sur la femme en termes de gestion du foyer et ce qui a trait à la prise en charge des enfants qui peut parfois l'empêcher de s'affranchir de ces contraintes et de déléguer aux pères. (Hiridjee, 2024)

La notion de Gatekeeping est présente également chez les professionnels de la PMI qui évoquent pour certains une possible mise à distance des pères renforcée par une surreprésentation des femmes dans le monde de la périnatalité que l'on retrouve dans la littérature. Les professionnels seraient influencés par les modèles traditionnels de la parentalité où les soins envers le bébé reviendraient principalement à la figure maternelle. (Boiteau et al, 2020 ; Frascarolo et al., 2015 ; Frascarolo et al., 2017). A cela s’ajoute pour les professionnels de la PMI des craintes dans les situations de violences intrafamiliales.

Les intervenants de service de PMI pourraient se sentir démunis dans leur accompagnement, en effet personne n’évoque de formations ou d’outils d’accompagnement et d’évaluation spécifiques aux pères. Frascarolo et ses collègues (2017) ajoutent à cela le manque de théories focalisées sur les pères.

Il est important de souligner qu’à de nombreuses reprises le personnel de P.M.I interrogé met en avant le souhait de travailler d’avantages avec les pères et qu’une partie d’entre eux n’évoquent aucun frein de leur part à les accompagner. Le parallèle peut être effectué avec les propos de Pouliot et ses collaborateurs (2005) qui constatent une rupture entre l’ouverture des intervenants à intégrer les pères dans leurs pratiques et les actions mises en œuvre afin d’y parvenir. Il pourrait s’agir d’un manque de moyens ou des difficultés pour certains à amorcer du changement.

Il est démontré que la figure paternelle est autant en capacité que la figure maternelle d’apporter des soins similaires (Frascarolo, Feinberg, Sznitman et Favez, 2017), d’être dans une fonction de « maternage » c’est-à-dire de répondre sensiblement aux besoins de l’enfant (Milijkovitch et Pierrehumbert, 2005 ; Frascarolo, Feinberg, Sznitman et Favez, 2017).

Mais il existe des spécificités propres aux deux parents. Les pères sont d’avantage un partenaire de jeu privilégié et jouent un rôle essentiel dans l’ouverture de l’enfant vers l’extérieur. Les mères sont quant à elles dans une relation de soins. (Milijkovitch et Pierrehumbert, 2005). Il est effectivement relevé à plusieurs reprises cette notion dans le discours des professionnels interrogés : le soin serait une affaire de femme.

Concernant les perspectives, penchons-nous sur les actions à mettre en œuvre du côté du père. Le père joue un rôle important dans le développement social de l'enfant (MacDonald et Parke, 1984). De plus, les hommes seraient davantage centrés sur le faire et l'agir ; il pourrait donc être intéressant de s'appuyer sur des changements pratiques et concrets en favorisant les situations réelles par le biais de jeux de rôles ou d'activités. (Dulac, 1998) Le jeu serait parmi toutes les tâches parentales quotidiennes l'activité prépondérante aux pères et plus particulièrement les activités motrices. (Breton et al, 2009) L'idée serait donc de pouvoir proposer aux pères des activités davantage centrées sur l’éveil de l’enfant autour du jeu.

Breton et al (2009) ont évoqué dans leur étude réalisée auprès d’intervenants et de pères Québécois le besoin de ces derniers de pouvoir participer à ces ateliers de se sentir libre de participer ou non et de ne pas avoir de cadre contraint type un engagement sur plusieurs séances. Aussi, Des activités ludiques, variées, dynamiques, reproductibles, éducatives ainsi que procurant du plaisir seraient recherchées par les pères.

Une autre étude Canadienne réalisée auprès de professionnels et de pères met également en évidence que les ateliers pères-enfants pourraient venir répondre aux besoins des hommes. Des activités plus concrètes inciteraient davantage les pères à se rendre présent plutôt que des groupes où l’on discute de ses doutes car elle fait appel à des interactions centrées sur l’expression de ses sentiments. (Gaudet et Devault, 2003).

Cette même étude portant sur la perception concernant les attentes des pères en matière de services rapporte que les visites à domicile ne seraient pas une ressource adéquate (sauf pour les pères séparés) car ce serait une sphère trop féminine. Selon ces mêmes intervenants les groupes de pairs, les séances d’informations ainsi que les ateliers pères-enfants pourraient convenir le mieux aux besoins des pères. Les pères interrogés ont mis en évidence que des lignes d’écoute et des ateliers pères-enfant pourraient répondre à leurs attentes. La plupart n’adhère pas aux groupes de pairs et aux visites à domicile (Devault et Gaudet, 2003)

Les groupes d’échanges de pairs sont pourtant mis en évidence par les professionnels que nous avons questionnés et faciliterait selon certains auteurs le partage d’expériences et l’implication dans l’intervention. (Dulac, 1998)

Des groupes de paroles sont mis en place dans certaines P.M.I animés quelques fois par des intervenants hommes. Wang et Chen (2024) mettent en évidence l’efficacité des stratégies différenciées pour encourager les hommes à s’engager comme des groupes composées uniquement d’hommes, des animateurs masculins et des activités dédiés spécifiquement aux hommes. Mais ces stratégies pourraient venir renforcer les inégalités et les stéréotypes. Toutefois l’impact du sexe des professionnels dans les interventions reste incertain et dépendrait également des compétences des animateurs.

Breton et ses collaborateurs (2009) ont rapporté grâce à leur étude le souhait des pères que les ateliers puissent être animés par un homme qui de préférence soit père mais également par une femme. Ce binôme permettrait aux pères de côtoyer un modèle masculin positif renforcé par une présence féminine pouvant le valider.

Aussi, les visites à domicile semblent être investies par le père surtout dans les premiers mois de vie du bébé. Certains professionnels évoquent le besoin de valoriser les hommes dans leurs compétences parentales. Dans leur article BOITEAU et al. (2020) décrivent les visites à domicile, les conseils de la P.M.I ou des méthodes comme l’haptonomie postnatale (massage bébé) comme étant des moyens pour renforcer l’estime personnelle des parents et notamment des pères.

Aussi, les buts et stratégies d’interventions sont importants pour le parent comme pour l’intervenant. Nous revenons donc aux compétences paternelles que l’accompagnement doit permettre de valoriser en validant ce qu’ils font déjà. De plus, il convient de les outiller concrètement lors des activités. (Breton et al, 2009 ; Dulac, 1998)

Si nous ne pouvons agir sur les comportements d’implication des pères eux-mêmes nous pouvons tenter de développer des actions et des pratiques qui pourront faire levier afin de leur permettre de mettre du sens et leur donner envie de s’investir davantage dans les services de Protection Maternelle et Infantile avec comme but commun l’épanouissement de l’enfant.

Différentes perspectives pour promouvoir l’évolution des pratiques et des mentalités dans l’implication des pères ont été mises en évidence par plusieurs auteurs comme Turcotte & al (2014), Pouliot et Saint-Jacques (2005), Legrand & al ( 2002), Fracolo & al (2017) et Breton & al (2009) :

  • L’aménagement des horaires des centres de consultation (par exemple la fin de semaine serait un moment privilégié pour accueillir les pères qui travaillent) ;
  • Un cadre d’accueil avec images de pères sur les murs, inclusion des pères dans les dépliants d’information, reflétant présence masculine et publicité relatives aux services ;
  • Ajout de demande d’informations sur le père dans les formulaires ;
  • Invitation systématiques des pères (vivant ou non sous le même toit que l’enfant)
  • Inclusion des pères par téléphone/skype lors de consultations si leur présence réelle s’avère impossible ;
  • Label des institutions ou services qui inclut le père, la famille ou les parents, et ne se limite pas à la mère et l’enfant (par exemple protection parentale et infantile, maison de naissance) ;
  • La reconnaissance en eux en de véritables acteurs et non de simples accompagnants autour de la naissance de leur enfant ;
  • L’évitement de leur mise à l’écart des institutions soignantes comme tel a été le cas lors de la dernière crise sanitaire ;
  • En bannissant de nos échanges professionnels l’expression « dyade » ;
  • En prenant en compte les difficultés spécifiques du père. Peu d’hommes se reconnaîtraient spontanément en peine dans leur rôle davantage élevés dans le mépris de leurs émotions et le déni de leur vulnérabilité ;

L’ensemble de ces stratégies est en partie évoqué par les professionnels de P.M.I ayant été interrogés. A cela nous pourrions y ajouter et y préciser certaines pistes :

  • Des activités plus concrètes autour du sport, du jeu et de la psychomotricité ;
  • L’invitation des pères à des ateliers spécifiques comme des groupes de paroles animés par un homme par exemple ;
  • Inclure l’intervention de praticiens masculins ;
  • Un congé paternité plus long et une adaptation des entreprises pour lui permettre de se mobiliser plus facilement ;
  • Des formations professionnels et le développement d’outils spécifiques à l’accompagnement du père ainsi que du couple parental ;
  • En s’appuyant sur les compétences parentales et la valorisation de ces dernières ;

Un travail reste à notre sens nécessaire à mener auprès des pères de famille afin de recueillir leur point de vue.

Les limites de notre étude se situent indéniablement à l’endroit du taux de réponses qui aurait pu être plus élevé. Aussi, les répondants ne concernent pas tous les départements de France.

Conclusion

Malgré une évolution largement soulignée par les professionnels concernant la place du père ils restent encore insuffisamment présents dans les services de P.M.I. Il est tout de même rassurant de noter le discours de professionnels satisfaits de certains accompagnements possibles avec les pères.

Nonobstant une avancée considérable dans les mentalités, l'investissement du père, leur place dans les services de P.M.I, il semble que des perspectives restent à explorer et à mettre en œuvre.

Points importants

  • Les pères seraient davantage présents dans les services de P.M.I mais cela reste insuffisant
  • Les activités ludiques et concrètes pourraient être attractives à la venue des pères en protection maternelle et infantile.
  • L’intervention d’un professionnel masculin serait bénéfique à l’implication du père dans ce service.

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